13 juillet 2009
Évoluer en même temps que le SSPP
Nos experts donnent priorité à la formation et aux outils
Autrefois présents uniquement sur les modèles haut de gamme, les systèmes de surveillance de la pression des pneus (SSPP) sont maintenant communs. Pas encore obligatoires ici – et Transports Canada dit ne pas avoir de projets en ce sens actuellement – ils le sont déjà pour tous les véhicules neufs vendus aux États-Unis, donc de plus en plus répandus au sud de notre frontière.
Mais répandu ne signifie pas toujours simple. Il y encore de nombreux défis à relever, les outils par exemple, la formation, l’accès à l’information, et plus important encore : la compréhension et l’approbation des consommateurs.
L’importance de l’entretien
« La plus grande difficulté est la sensibilisation, autant pour les consommateurs que les marchands », dit Brian Rigney, directeur général de Dill Air Controls. « Concernant les consommateurs, nous essayons de travailler davantage avec la TIA et notre gouvernement fédéral pour informer les gens, pour qu’ils comprennent à quoi servent les SSPP. C’est là où les marchands de pneus doivent intervenir. Ils remplacent automatiquement la tubulure de valve des nouveaux pneus, procédure normale, mais nous les incitons maintenant à remplacer les composantes essentielles à l’étanchéité des valves : le joint, l’obus de valve, l’écrou hexagonal et le bouchon. Chaque fois qu’un pneu est démonté de sa jante, il faut remplacer tous les éléments de la trousse d’entretien.»
Dill a également conçu un présentoir avec un capteur SSPP en démonstration, pour que les consommateurs voient ce qu’il y a dans le pneu. « Les marchands peuvent désormais montrer aux clients le capteur, ce qui est remplacé, et leur expliquer pourquoi l en faut un nouveau », explique Brian.
Le rôle des commerçants
Susan Hitchon, directrice nationale des ventes chez Tomkins Industrial and Automotive, reconnaît que la sensibilisation est d’une importance cruciale. « Avec toute l’expérience acquise en donnant des séminaires de formation à travers le pays, notre opinion sur la question des SSPP est que la sensibilisation des consommateurs fait défaut. Alors que quelques Canadiens sont conscients que leur véhicule est équipé de ce nouveau dispositif de sécurité, la majorité ne l’est pas. »
Susan pense que la sensibilisation devrait idéalement débuter chez le concessionnaire de voitures neuves, ce qui arrive rarement. « Et si le propriétaire d’un nouveau véhicule n’est pas au courant de ces caractéristiques, le marchand de pneus, qui répare ou lui vend ses pneus, pourrait aussi lui ‘vendre’ les bienfaits des SSPP. Le marchand devrait également promouvoir l’importance de remplacer les pièces des capteurs par des pièces de qualité équivalente. »
Des occasions pour les ateliers
Donc, une fois le consommateur sensibilisé, à quoi s’attaquer ? Selon Scot Holloway, directeur général de Bartec USA : les outils. « La difficulté a toujours été de concevoir des outils et des solutions valables pour la grande diversité de capteurs sur le marché. Nous ne verrons pas de normalisation à court terme. Bartec travaille avec les constructeurs et nous constatons que quatre nouveaux protocoles et/ou types de capteurs font présentement leur apparition. En même temps, ça ouvre des portes. Avec les bonnes connaissances et les bons outils, un atelier peut arriver à se démarquer.
« Rejeter les outils et la formation ne sera d’aucune utilité car de nombreux véhicules équipés de SSPP ont maintenant cinq ans et ont dépassé la garantie du fabricant. Ce sont actuellement les véhicules asiatiques qui représentent le plus gros défi. Quand les SSPP sont apparus sur les véhicules nord-américains, il ne fallait qu’un outil d’activation pour réenregistrer les numéros d’identification de deux paires de pneus d’hiver ou d’été. Les véhicules asiatiques ont rendu la chose plus compliquée : il faut maintenant un analyseur connecté au véhicule pour compléter l’opération, comme à l’usine du constructeur ou chez le concessionnaire.
« La solution la plus polyvalente serait un outil SSPP combiné avec un analyseur. Un outil multifonction est plus facile d’utilisation et simplifie l’apprentissage », termine Scot.
Les bons outils
La Tire Industry Association (TIA) a été la première à rassembler les procédures de réinitialisation pour chaque marque et modèle dans un tableau de référence facile à consulter, et à offrir de la formation sur les systèmes. Mais Kevin Rohlwing, vice- président directeur de la formation, croit que beaucoup de marchands ont les connaissances requises, mais manquent des outils appropriés. « C’est difficile d’être dans l’industrie du pneu sans avoir affaires avec les SSPP à un certain degré. Ce n’est pas qu’ils boudent la formation... s’ils boudent quelque chose, c’est l’investissement dans les outils. Soit le détaillant ou le prestataire de services décide de dépenser de l’argent sur des outils électroniques de diagnostic et de réinitialisation, soit il envoie le client chez le concessionnaire.
« Techniquement, n’importe quel véhicule peut être réinitialisé sans outil, pour un travail de pneus ordinaire. Les outils entrent en jeu quand la procédure de réinitialisation pour le véhicule ne fonctionne pas. Les outils électroniques réduisent beaucoup le temps nécessaire à la programmation des données. »
Suivre vos exigences
Selon Kevin, les marchands devraient axer leur formation sur les exigences des ateliers, plutôt que de programmer automatiquement des cours de mise à niveau. « Ce sont les grandes régions urbaines qui verront le plus grand nombre de SSPP, parce qu’il y a plus de véhicules neufs. En campagne, on n’en rencontre pas beaucoup. Une mise à niveau est une bonne idée, mais ça dépend du marché et du nombre de SSPP en circulation. Si un marchand n’a aucun problème, il peut ne plus avoir besoin de formation.
« Avec n’importe quelle formation, faites un suivi des problèmes que vous rencontrez, du temps que vous passez à votre poste à réinitialiser des SSPP, et combien ça vous coûte en productivité. Si vous brisez des capteurs ou monopolisez les aires de services trop longtemps, je vous suggère de suivre une formation au plus vite. S’il n’y a pas de problèmes et que vous gérez bien la chose, concentrez-vous sur d’autres difficultés. Mon conseil aux détaillants est de devenir des experts. Si les marchands se limitent seulement à passer le problème au concessionnaire, ils vont manquer de clients, c’est aussi simple que ça », indique Kevin.
Créer la confiance
« La confiance des clients est essentielle », affirme Dave Lottridge, président de Prema Canada. « Si un client se rend à un atelier où on lui explique comment entretenir son SSPP, les avantages du système, à quoi ça sert, et qu’à un autre atelier on lui dit : “Ce n’est pas vraiment important,” personnellement, j’aurais plus confiance dans celui qui explique.
« Les marchands de pneus traditionnels connaissent mal les systèmes électroniques complexes. Avant, il n’y avait qu’un démonte-pneu et des valves, il n’y avait rien d’électronique sur les pneus. Ces choses-là coûtent plus d’argent, et c’est la moindre des choses d’informer le client sur la valeur que vous lui fournissez. Vous devriez aussi faire une vérification avant l’entretien, pour vous assurer que les capteurs fonctionnent correctement, comme preuve documentée qu’ils fonctionnaient à leur arrivée et en repartant.
« Nous pensons qu’il faut encourager les centres de vente et de services de pneus à acquérir les outils et à se préparer. S’ils attendent que 50 % des véhicules aient des SSPP avant de s’informer sur le sujet, ils auront beaucoup trop de temps à rattraper d’un seul coup. Ce sera une tâche presque impossible. Mais si les ateliers mettent l’effort nécessaire à promouvoir l’utilité et l’importance d’un entretien régulier des SSPP, ils gagneront la confiance des clients », conseille Dave en terminant.
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