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TECHNOLOGIE

 

10 mars 2009

 

Pyrolyse du pneu

Mise en garde contre la surchauffe

 

François Charron
technoserv@sympatico.ca

 

Chaque année au Canada, plusieurs personnes sont gravement blessées ou perdent même la vie suite à l’éclatement d’un pneu dû au phénomène de pyrolyse, qui est la décomposition chimique du caoutchouc causée par une chaleur excessive.

 

La pyrolyse du pneu s’amorce lorsque la température du caoutchouc entrant dans la fabrication du pneu atteint les environs de 250 °C.

Il se décompose alors en une variété de substances chimiques dont, entre autres, le méthane, l’hydrogène, le noir de carbone et le styrène. Au contact de l’oxygène présent à l’intérieur du pneu, ces vapeurs inflammables s’enflamment par autoignition lorsque la température atteint ± 430 ºC, provoquant une explosion si puissante que les débris peuvent être projetés jusqu’à 300 mètres.

Origine de l’éclatement

Un rapport de la CSST basé sur des expertises demandées à la suite un accident de travail mortel énumère les sources de chaleur possibles à l’origine de ce phénomène :

  •  Surchauffe des freins

  •  Mauvais état ou gonflage du pneu

  •  Utilisation d’un chalumeau sur la jante ou à proximité du pneu

  •  Soudage sur la jante ou près de la roue

  •  Incendie du véhicule

  •  Contact avec une ligne électrique haute tension ou avec la foudre

  •  Présence de contaminants à l’intérieur du pneu

  •  Absorption de liquides inflammables par le pneu

  •  Montage et démontage du pneu


Explication du phénomène

Lorsque le véhicule circule sur la route, le pneu se refroidit grâce à l’air circulant autour à grande vitesse. Si une anomalie quelconque provoque sa surchauffe, la chaleur engendrée se dissipe beaucoup moins efficacement à l’arrêt, augmentant les risques de pyrolyse. La chaleur fait alors dilater l’air à l’intérieur du pneu et augmenter sa pression considérablement tout en amorçant la détérioration et l’amollissement du caoutchouc. Si le pneu n’est pas refroidi, le phénomène de pyrolyse débute et l’explosion peut survenir à tout moment en deçà de 24 heures.

Si vous soupçonnez une surchauffe
inhabituelle d’un pneu, il est préférable
de rester éloigné pour un temps raisonnable
jusqu’à ce que le pneu soit refroidi.


Extrême prudence

Que vous soyez routier, mécanicien ou autre, si vous soupçonnez une surchauffe inhabituelle d’un pneu, il est préférable de rester éloigné pour un temps raisonnable jusqu’à ce que le pneu soit refroidi. Si c’est possible, mesurez la température du pneu avec une sonde à température infrarouge. Elle doit être inférieure à 250 °C. Dès que la situation le permet (température autour de 70 °C), il faut dégonfler le pneu au minimum et procéder à son inspection minutieuse.

Bonnes pratiques

L’énumération précédente des sources de chaleur potentielles de danger provoquant la pyrolyse doit être un guide à mémoriser pour vous et votre personnel, et vos méthodes de travail doivent refléter une telle conscientisation pour éviter des dangers potentiels.

Formation préventive

Selon plusieurs rapports d’accidents graves impliquant la pyrolyse du pneu, les dangers associés à l’éclatement d’un pneu sont méconnus du milieu de travail. Autant les camionneurs que les fournisseurs et les techniciens doivent être sensibilisés à ce phénomène qui a causé de nombreuses pertes de vie au Québec.

 

 

Cette photo montre un récepteur de freinage et la tige
filetée à visser jusqu’au fond pour compresser le ressort
du diaphragme à l’intérieur et ainsi relâcher la pression
sur les freins pneumatiques. Cette tige est normalement
entreposée sur le côté du récepteur. C’est l’unique bonne
façon de neutraliser la pression sur les sabots et prévenir
la surchauffe des freins.