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GESTION

 

27 novembre 2008 

 

Gestion du savoir

Faire fructifier la mémoire de l’organisation

 

par : Raynald Bouchard
raynaldbouchardmedia@yahoo.ca 

 

 

En observant attentivement une volée de bernaches, on remarque que chacun des membres du groupe se relaie à la pointe du V, question d’abord d’économiser les énergies, mais aussi d’assurer que les plus jeunes puissent profiter pour les années à venir de l’expérience de pilotage transmise par leurs aînés.

 
 

Photo : Antoine Janisse

L’allégorie que suggère Antoine Janisse, directeur de la formation chez Vast-Auto Distribution, illustre bien ce que toute entreprise devrait appliquer afin de gérer le savoir de façon efficiente, et faire en sorte que les connaissances et l’expérience des vétérans à l’aube de leur retraite puissent se transmettre à la génération montante. « On observe trop souvent dans les entreprises que des employés clés, comptant de longues années d’expertise, quittent sans qu’on leur ait offert de parrainer les plus jeunes », d’affirmer celui dont les fonctions consistent, entre autres, à aider ses clients à vaincre leurs résistances au changement et à mettre en place de nouvelles solutions d’affaires.

 

Minimiser l’improvisation

Dans la transmission du savoir, note Antoine, les organisations ne font pas systématiquement appel à des méthodes qui ont fait leurs preuves et sont relativement simples à implanter. Elles ont tendance à conserver une vision à court terme où la formation de la relève se fait le plus souvent dans un mode d’improvisation. « Le parrainage d’un futur retraité avec un jeune à fort potentiel, sur une période de deux années par exemple, s’avère une solution gagnante », affirme-t-il, ajoutant que l’allègement progressif de l’horaire de travail chez un employé approchant la soixantaine pourrait lui servir de motivation supplémentaire à demeurer dans l’entreprise et contribuer de façon naturelle et stimulante à la formation continue.

 

Des incitatifs à assurer une relève fiable

Qui dit appartenance, dit intégration des forces et cohésion comme dans l’allégorie de la volée. La transmission des connaissances est d’autant plus cruciale que le bassin des compétences se raréfie en raison de la pénurie de la main-d’oeuvre. La clé réside, selon Antoine, dans l’augmentation du sentiment d’appartenance avec l’instauration de mesures incitatives qui peuvent prendre la forme de gratifications monétaires et d’avantages sociaux. « Les bonis de groupe sont particulièrement efficaces, car au-delà de la reconnaissance qu’ils procurent aux employés, ils ont pour effet de cimenter l’équipe et faciliter l’échange de connaissances. » Il fait remarquer qu’il existe des programmes incitatifs au gouvernement et chez les institutions financières à la disposition des PME afin de développer ces nouvelles méthodes d’intéressement. Plusieurs organisations, par exemple, versent des bonus individuels pouvant représenter jusqu’à 2 % de l’excédent des ventes; d’autres accordent aux employés des actions non votantes et instaurent ou bonifient les fonds de retraite.

 

Des effets directs sur la rétention du personnel

La transmission du savoir ne se fait pas par des actions sporadiques et isolées dans un contexte l’improvisation. Elle doit être menée avec méthode et patience en gardant l’oeil sur le climat de travail et le sentiment d’appartenance, conditions gagnantes pour conserver les meilleurs employés et mettre à profit tout le bagage d’expérience accumulé par ceux qui bientôt partiront à leur retraite en contribuant à faire fructifier la mémoire de l’organisation. 

 

Fondée en 1986, Vast-Auto Distribution emploie 110 personnes à son entrepôt et ses bureaux administratifs de Montréal.