Me Pierre-Luc Desgagné, directeur principal, Planification stratégique et Affaires gouvernementales, Hydro-Québec.
Rendez-vous du Transport
Véhicules électriques au Québec : lentement mais sûrement
Lentement mais sûrement, le secteur des véhicules électriques au Québec évolue. C’est ce qui est ressorti des allocutions exprimées par les intervenants d’Hydro-Québec et du Centre national du transport avancé (CNTA) lors des Rendez-vous de Transport qui se sont tenus à Boucherville les 11 et 12 mai. Organisé par l’AMETVS, cet événement a donné la parole à différents experts locaux et internationaux qui ont informé les participants sur les avancées dans le domaine des équipements de transport terrestre et de la mobilité électrique.
Inévitablement, pour développer un secteur des véhicules électriques porteur d’avenir au Québec, il faut qu’Hydro-Québec fasse office de chef de file. Au cours des dernières années, la société d’État n’a pas ménagé les efforts pour faire avancer ce secteur en mettant au point le moteur TM4 et en créant des partenariats locaux et internationaux pour tester des véhicules électriques dans des conditions d’utilisation normale. Et avec son plus récent projet impliquant la ville de Boucherville et Mitsubishi qui mettra à l’épreuve une cinquantaine de véhicules i MiEV sur une période de quatre ans (de 2010 à 2014), Hydro-Québec contribue encore plus à l’avancement de l’électrification des véhicules au Québec. « Ce projet de 4,5 millions de dollars est le plus important du genre au Canada. Il servira à évaluer l’expérience de conduite et la satisfaction des utilisateurs de l’i MiEV, du comportement de la recharge, de la performance du véhicule en conditions hivernales », explique Me Pierre-Luc Desgagné, directeur principal, Planification stratégique et Affaires gouvernementales à Hydro-Québec.
Sylvain Castonguay, directeur technique, Centre national du transport avancé (CNTA) et Mobilité électrique Canada (MEC).
Fort d’une énergie renouvelable en quantité et d’un réseau de distribution robuste (un million de VÉ pourraient être branchées en même temps), le Québec est en position de force pour développer ce secteur, et les Québécois en profiteraient économiquement. « Il en coûterait sept fois moins cher par année au Québec de faire le plein en électricité plutôt qu’en essence », estime Me Desgagné.
Le CNTA passe à l’action !
En ce qui a trait au volet du développement de technologies du transport avancé au Québec, le directeur technique du Centre national du transport avancé (CNTA), Sylvain Castonguay, a fait part des projets auxquels le CNTA a mis son expertise en action pour mettre au point divers produits avec ses partenaires. L’écolobus dans le Vieux Québec, la conversion d’une nacelle à l’électricité avec Posi Plus, l’hybridicité du Biobus de la STM avec SNC-Lavalin sont notamment les projets les plus significatifs du CNTA.
René Vézina, journaliste spécialisé en économie, Journal Les Affaires.
Dans une perspective où le secteur des véhicules électriques au Québec prendra de l’essor, les occasions d’affaires du CNTA ne manqueront pas, selon Sylvain Castonguay. Le CNTA a ciblé six domaines où il pourrait intervenir : les bornes de recharge, l’assemblage de batteries, les supercondensateurs, les roues d’inertie, les essais et la qualification ainsi que et la gestion thermique (chauffage, refroidissement et préchauffage), notamment. Les marchés des aéroports et des ports, de la livraison, des autobus, des véhicules spéciaux sont, à première vue, des secteurs intéressants pour le CNTA.
La conclusion sur les perspectives d’avenir de l’industrie des véhicules électriques au Québec revient à René Vézina, journaliste spécialisé en économie au Journal Les Affaires, qui soutient que le Québec, au sortir de la crise, doit développer de nouveaux marchés comme celui des véhicules électriques, et ce, tout en misant sur l’innovation et la concertation.